Histoire

Ville ou banlieue?

On apprenait en février dernier qu’un nombre significatif de Montréalais avaient quitté la grande ville pour la banlieue en 2018. On parle d’environ 25 000 personnes, majoritairement de jeunes couples avec enfants. Ce chiffre est quand même significatif et m’a amenée à réfléchir sur cette envie d’élever nos enfants en ville ou non.

Avoir des enfants donne probablement à plusieurs des envies d’espace, de grands terrains, de piscines creusées et de garages. Et si on ajoute à l’équation le prix des maisons sur l’île versus celui des maisons en banlieue, on peut encore mieux comprendre la décision de plusieurs. Vous comprendrez évidement que j’emprunte ici un raccourci rapide pour expliquer le départ des familles vers la banlieue. Je n’ai pas fait une étude exhaustive de cette migration, mais je me permets tout-de-même cette généralisation car elle me semble logique. Les couples qui décident de fonder une famille voient leur mode de vie changer et estiment que la quiétude de la banlieue répondra mieux à leurs nouveaux besoins que le brouhaha de la ville. 

Dans les jours qui ont suivi l’annonce de ce chiffre, j’ai été témoin de plusieurs témoignages de gens qui ont effectivement fait le choix de la banlieue.  

Ce fut intéressant pour moi de lire, d’entendre et de découvrir les raisons pour lesquelles les gens quittent la ville. Je suis moi-même Montréalaise et j’ai de jeunes enfants. Cela m’a donc confronté à mes propres choix et aux raisons pour lesquelles mon mari et moi avons décidé de fonder notre famille à Montréal.

C’était il y a peut-être 13 ou 14 ans. Nous n’avions pas encore d’enfant, mais c’était dans nos plans. Mon mari et moi commencions à parler d’achat de maison. Nous étions en réflexion depuis quelques semaines. Nous pesions le pour et le contre d’un achat en ville versus un achat en banlieue. Nous comparions les prix des maisons, les dimensions des terrains, le temps de voyagement. Nous faisons des calculs rationnels. Une colonne pour les « + » et une colonne pour les « – ». Puis est arrivé ce jour où, assise dans le salon de notre petit appartement dans NDG, je me suis mise à pleurer quand l’idée d’aller vivre en banlieue a commencé à prendre plus de place dans notre réflexion. Pleurer! Rien de moins. 

Je m’en souviens comme si c’était hier. C’est à ce moment précis où nous avons décidé de rester à Montréal. C’est là que j’ai su, et que mon mari a accepté, que je ne pourrai jamais quitter Montréal. Qu’il n’y avait rien de rationnel à cela. C’était purement émotif et qu’aucune colonne de « + » ou de « – » ne pourrait me faire changer d’idée.

Mais pourquoi était-ce si émotif? Et bien c’est finalement assez simple. Je suis née sur l’île, mon père est né sur l’île, mon grand-père et ma grand-mère paternels sont nés sur l’île. Mon grand-père est arrivé à Montréal, enfant, autour de 1890. Je dis souvent que je suis Montréalaise depuis plus de 125 ans. C’est en moi. C’est mon identité. Alors quitter cette ville, pour moi, serait comme renier qui je suis. C’est peut-être un peu simpliste, mais c’est comme ça. C’est ma raison de rester et j’en suis fière.

Montréal a de nombreuses qualités et tout autant de défauts. Mais grâce à toutes les unes et malgré tous les autres, je ne quitterai jamais mon île. J’ai réussi à y trouver ma maison, petite, coincée entre deux duplex, sans grand terrain ni garage, mais avec son jardin avant, sa ruelle, tous les services à distance de marche et, oui oui, sa grosse piscine creusée dans la cours. L’important finalement c’est de trouver notre bonheur. Et le nôtre n’est pas nécessairement celui des autres.

Vous pourriez aussi aimer...

Pas de commentaire

Laisser un commentaire