Histoire

L’envol du voyageur

Pour nombre d’entre-nous, vacanciers et voyageurs, il est un endroit qui nous rassemble tous, un lieu qui nous accompagne dans nos projets individuels, professionnels et familiaux et qui semble nous imposer les mêmes sentiments. L’endroit au cœur du sujet de mon article, c’est cet immense complexe où les bruits du roulement des valises se mêlent aux annonces des prochains départs. Une place dédiée à nos voyages et à notre envol et qui m’accompagne depuis maintenant plus d’un an : l’Aéroport International Pierre-Elliot Trudeau.

Vous me direz, pourquoi parler d’un aéroport ? Quel est l’intérêt d’évoquer un lieu à l’histoire très récente, peu éclatant dans son architecture et où ses milliers de visiteurs quotidiens ne semblent jamais vouloir s’attarder ? Peut-être, parce qu’au fond, ce n’est pas ce qu’il est qui est important mais c’est ce qu’il représente pour nous tous qui osons pousser ses portes pour le début ou la fin de toute une aventure.

Une route aux mille sentiments

1. Le premier voyage

Quand je pense à l’aéroport, j’ai souvent à l’esprit l’image d’une immense fourmilière humaine ou toutes les personnes viennent dans un seul et même but, partir. Un voyageur a tout en commun avec un autre voyageur. Il prépare ses valises, prend son passeport, imprime ses billets et cherche le meilleur moyen pour arriver à prendre son avion dans les délais requis. Un sentiment pourrait alors le définir parfaitement : l’inquiétude. Comme si avant même de partir pour son grand voyage, l’aventure était d’abord d’atteindre l’aéroport dans les temps impartis comme une course contre la montre qui s’engage pour des milliers d’entre-nous.

Et pour ceux qui prennent les transports en commun, un chiffre nous vient rapidement en tête, le 747. Bus principal pour arriver à l’aéroport, il est souvent le premier choix pour la majorité d’entre-nous. La question de le prendre à la station Berri UQAM ou à Lionel-Groulx, le stress de ne pas le voir arriver, d’être refoulé à l’entrée par manque de places ou l’énervement inhérent à être coincé dans le trafic montréalais sont des états que nous connaissons tous bien. Coincés dans ce bus sur lequel nous n’avons aucun contrôle quant à l’heure de son arrivée, nous ne pouvons nous empêcher de craindre un retard irrattrapable entraînant une issue fatidique : rater notre avion. La fin de l’aventure avant même de l’avoir commencée.

Astuce : Prendre le bus à la station Berri UQAM vous permettra de profiter du premier arrêt synonyme de places pour vous asseoir et mettre vos bagages. Cependant, vous n’êtes pas à l’abri que votre trajet soit rallongé par la lenteur du trafic. Lionel-Groulx reste l’arrêt le plus intéressant pour éviter tout cela mais si vous transportez beaucoup de bagages, vous risquez de devoir attendre un bus moins rempli ce qui est souvent le cas en périodes de vacances. Plus d’infos, c’est par ici!

2. Le début ou la fin

Arrivés à l’aéroport, alors qu’il reste plusieurs étapes d’inquiétude comme l’enregistrement des bagages ou le contrôle de sécurité, notre regard se perd parfois sur toutes ces personnes autour de nous qui débutent ou finalisent leur voyage. Après avoir été dans cet aéroport neuf fois en un an et être passé par toutes les situations, il m’est assez simple de les décrire. Aucune n’est entièrement triste, aucune n’est entièrement joyeuse tant on a l’impression qu’il manque toujours quelque chose. Dans ces moments, le voyageur se distingue alors en deux catégories, celui qui part et celui qui revient. Celui qui part d’abord, souvent inquiet mais rempli d’attentes, d’espoirs, de rêves tant il sait qu’il va découvrir de nouvelles choses ou se ressourcer. L’excitation domine mais pour le voyageur longue durée, la peine ou la nostalgie peuvent émerger car l’on sait que la personne que l’on est restera dans cet aéroport et que celle qui reviendra sera différente.

Pour celui qui revient, il y a souvent ce goût d’inachevé, cette pensée qui nous fait dire que nous n’avons pas assez profité et que nous aurions dû. Mais revenir symbolise parfois les retrouvailles et celles-ci se caractérisent beaucoup par les sourires que ce moment renvoie lorsque les portes s’ouvrent et que l’on aperçoit la personne attendue.

3. Le temps du départ!

Alors que l’on s’apprête à arriver aux contrôles et que l’on s’engouffre dans une nouvelle file d’attente, on ne peut s’empêcher de se retourner pour un dernière regard à nos proches. Certains pleurent, certains sourient ou les autres, venus seuls, ne se retournent pour personne. Heureux, triste ou soulagé, il n’est à cet instant plus possible de revenir en arrière. Perdu dans nos pensées, l’aéroport nous rappelle à lui à travers les fameux contrôles de sécurité. Sortis de notre torpeur, nous nous recentrons sur notre condition de voyageur à la chaîne et sur ces mêmes questions. Est-ce que j’enlève mon ordinateur, ma montre, mon papier de bonbon?  Tout s’enchaîne jusqu’à ce que, arrivés devant la porte d’embarquement, l’avion se dresse devant nous, prêt à nous embarquer et à nous emmener dans un autre aéroport où se produira alors le chemin inverse lié à notre aventure.

Astuce : Durant les contrôles, dans le doute, enlevez tout

Prêts à décoller ?

En définitive, cette aventure individuelle liée à l’aéroport s’inscrit paradoxalement dans un sentiment collectif propre à ce lieu si particulier. Des milliers d’histoires qui chaque jour débutent ou se terminent, la peine ou la joie qui dominent dans un océan de pensées. Pour moi, mon histoire est pour l’instant liée à ce fameux aéroport de Montréal, porte ouverte sur cette ville et ce pays qui m’offrent mille découvertes dans une aventure loin d’être achevée.

Point culture : Construit dans les années 1940 pour désengorger celui de Mirabel, l’aéroport Pierre-Elliot Trudeau (anciennement Dorval jusqu’en 2004) prend véritablement une allure internationale dans les années 1960 lorsqu’il est décidé de construire un nouvel aérogare. Il dessert aujourd’hui plus de 150 destinations de par le monde et reste l’aéroport principal du Canada.

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