Histoire

Les deux pieds dans l’eau

Les inondations du printemps 2017 ont été intenses, dévastatrices et dramatiques pour des milliers de résidents à travers le Québec. À l’époque, on avait dit que de telles inondations survenaient rarement. Que c’était exceptionnel.  Les conséquences d’un tel événement furent également exceptionnelles. 

Plusieurs régions du Québec frappées pour un total de 261 municipalités.    5 371 résidences inondées, 4 066 personnes directement touchées, 557 routes affectées.   Plus de 2 500 militaires des Forces armées canadiennes déployés pour venir en aide aux autorités locales. L’état d’urgence fut décrété dans plusieurs municipalités, dont Montréal, et les coûts matériels furent évalués à plusieurs centaines de million de dollars. Et c’est sans compter les coûts psychologiques qui, eux, ne se calculent pas aussi facilement et font des ravages encore plusieurs années après les événements. 

Ces inondations furent le résultat d’un événement météorologique de crue exceptionnelle des cours d’eau du sud de la province. C’est bien simple de comprendre ce qui s’est produit. En 2017, la neige est restée au sol très longtemps en raison du temps plus froid qu’à l’habitude et des précipitations tardives. Quand les températures printanières ont commencé à augmenter au-dessus du point de congélation, la quantité de neige au sol était encore trop importante et, avec les pluies abondantes de la fin avril et du début mai, les sols n’ont jamais été capables d’absorber le tout et le surplus s’est écoulé vers les rivières. 

Les deux pieds dans l'eau

Il ne s’agit pas ici de vous présenter une explication scientifique des événements, mais seulement de vous expliquer la mécanique générale derrière les inondations. Ainsi, nous comprenons facilement que la fonte des neiges, accompagnée d’une grande quantité d’eau de pluie en l’espace de deux mois ont littéralement fait débordées les cours d’eau. Environnement Canada classa d’ailleurs les inondations du printemps 2017 comme le troisième événement météorologique le plus marquant de l’année au pays.

À Montréal plus spécifiquement, c’est réellement à partir du 6 mai que la situation s’est aggravée alors que la rivière des Prairies a débordé. Pierrefonds-Roxboro, Ahuntsic-Cartierville se sont retrouvés les pieds dans l’eau! La rive Nord aussi a évidemment été touchée. Laval, Île-Bizard-Sainte-Geneviève, Boisbriand, l’Autoroute 20. Pour les inondés, l’enfer a duré des jours, des semaines. Et une fois que les eaux de la rivière des Prairies se sont retirées, aux alentours du 18 mai, des dizaines de maisons étaient inhabitables. 

Vous vous demandez peut-être pourquoi je vous parle aujourd’hui des inondations du printemps 2017. Et bien parce que deux ans plus tard, alors que certaines personnes vivent encore les conséquences financières et psychologiques de ce malheureux épisode, l’histoire s’est répétée. Aujourd’hui on est à quelques jours de l’été, mais il y a seulement quelques semaines, des milliers de maisons à travers la province étaient encore inondées et des milliers de personnes évacuées. 

Nous voilà donc, deux ans plus tard, à vivre à nouveau le drame de l’eau. Et ce drame se répétera à nouveau. Parce que Montréal est une île et parce que l’eau c’est plus fort que tout. 

Nous sommes des insulaires. Nous vivions entourés d’eau. L’île de Montréal est bordée de trois cours d’eau. On ne peut y accéder par la voie terrestre que par un de ses nombreux ponts. On a un port qui accueille des milliers de bateaux par an. On a des petites marinas, des clubs nautiques et des plages. Des résidents de Pointe-aux-Trembles ou encore de Sainte-Anne-de-Bellevue ont même leur bateau privé amarré à même leur terrain.   

Nous sommes des insulaires. Nous vivions entourés d’eau. Et parfois, on dirait que nous l’oublions. Mais il serait peut-être temps que nous commencions à vivre comme tels. Ou un jour nous serons engloutis. 

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