Histoire

Présence autochtone, entre découverte et réconcilation

Dans un article de Radio Canada datant de 2017, le journaliste décrivait ô combien Montréal avait une réputation de  »capitale de la fête ». Et en effet, lorsqu’on regarde la quantité de festivals présents, il est difficile de ne pas le reconnaître surtout quand l’été décide enfin de se montrer. Sorti du long hiver, alors que les parcs et les terrasses se sont de nouveau remplis, le soleil accompagne toutes ces manifestations festives et redonne le sourire à ceux qui semblaient l’avoir perdu durant les jours pluvieux et grisâtres des derniers mois. 

Ainsi, alors que Montréal est en ébullition au rythme des musiques, des chants et des danses, elle n’en oublie pas non plus de nous rappeler ce qu’elle est. Une ville de découvertes, de diversité culturelle mais aussi de réconciliation avec son Histoire et notamment avec les peuples autochtones qu’elle salue et honore lors du festival Présence autochtone qui se tient du 06 au 14 août prochain et qui fête cette année sa 29ème édition. Symbole fort de cette relation nouvelle en pleine construction, il s’inscrit alors dans un processus plus large d’amitié, de dialogue et de création que je vous propose de découvrir dans ce nouvel article. 

Atateken 

Alors que 2019 est l’année internationale des langues autochtones, c’était tout un symbole pour Montréal de pouvoir renommer la rue Amherst, nom du général anglais tristement célèbre pour avoir distribué des couvertures contaminées à la variole durant la guerre de Pontiac, en rue Atateken. Signifiant « fraternité » en langue Mohawk, cet acte nous rappelait plusieurs autres grands moments de reconnaissance comme l’ajout du pin blanc, symbole de paix, sur le drapeau de la ville en 2007 et les commémorations du tricentenaire de la Grande Paix en 2001. Accompagnée de plusieurs stratégies d’entraide et de reconnaissance envers les Premières Nations, Montréal se veut ainsi une « métropole de la réconciliation » ouverte à un avenir commun. 

Mais au milieu de ce processus, qui a vu passer de longues années avant de véritables mesures, se dresse un événement unique, un festival précurseur dans sa volonté de faire découvrir les cultures autochtones aux habitants de Montréal et à ses visiteurs depuis près de 30 ans.

Un symbole de la diversité   

Ce n’est ainsi pas un hasard si André Dudemaine, directeur du festival Présence autochtone, se voyait remettre en 2017 le prix Droits et Libertés décerné par la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse du Québec pour cet événement honoré comme  »un lieu de rencontre des cultures et un espace de réconciliation ». Une affirmation qui se retrouve particulièrement lors du traditionnel défilé de l’Amitié nuestroamericana qui propose au spectateur un voyage parmi les traditions de plus de trente-trois pays à travers le monde. Mille cinq cent danseurs se succéderont le 10 août prochain au rythme de la musique de leur culture jusqu’à la présentation de chaque troupe de danse sur la place des festivals. Une diversité culturelle rassemblant autant les descendants des grands mouvements d’immigration que les Autochtones établis dans la région de Montréal, ces derniers représentant aujourd’hui plus de 34 000 personnes.

Un ensemble de découvertes qui ne se limitera pas seulement à nos frontières mais qui aura l’ambition de vous emmener aux quatre coins du monde en vous proposant notamment un atelier haka de la tradition maorie, le film de fiction « Sami blood » sur le racisme subi par une jeune Sami en Laponie ou encore le concert Katajjaq et Khoomii, chorus Nunavik/Mongolie. 

Un autre regard 

Mais au delà de ces découvertes internationales, il semble important de pouvoir comprendre sa propre histoire, celle qui permet une meilleure compréhension de ce qui fait partie du passé, du présent et du futur des nations autochtones. 

Dans cette optique, le cinéma et les médias y trouvent parfaitement leur rôle. Alors que des talents autochtones émergent d’année en année, les problématiques qu’ils exposent redéfinissent la réflexion sur le devenir de notre société. À travers l’image se présente donc des visions plurielles exposées chaque année lors du colloque Regards autochtones sur les Amériques qui se tiendra à l’INIS  mais aussi à Kahnawake où sera projeté la version mohawk du documentaire Kanehsatake, 270 ans de résistance d’Alanis Obomsawin. 

Enfin, dans la droite ligne de l’art comme outil de connaissance, de nombreuses expositions et démonstrations tenteront de vous plonger dans ce qui est peu connu. La découverte des bi-spirituels au Centre d’art contemporain, la présentation de savoir-faire traditionnels sur la place des festivals ou encore une incursion dans l’art vestimentaire des Premières Nations au centre culturel Ashukan, fenêtre ouverte aux artisans et artistes autochtones. 

Le défi de la rencontre   

Divertissement, compréhension et réflexion, voilà les traits que je retiens d’un événement qui se veut rassembleur. Alors que les années passent et que notre société tente d’évoluer vers une meilleure entente entre autochtones et allochtones, le festival se veut être cette piqûre de rappel à ne jamais cesser de découvrir et de comprendre les peuples qui nous entourent. Et ainsi, comme l’indique le communiqué du festival, À qui l’avenir ?

Bonne découverte et bien sûr bon festival !  

Pour les dates précises et la programmation plus complète, c’est par ici !

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