Art de vivre

Petit guide de survie urbaine à Montréal

Hochelaga-Maisonneuve, samedi matin, 9h30.

Certains peinent à ouvrir l’œil, mais se ruent rapidement vers la boulangerie située place Valois pour s’assurer d’avoir un croissant au beurre à se mettre sous la dent. En se dirigeant vers cet endroit de prédilection, ils croiseront au passage des concitoyens qui cuvent encore leur dernière consommation. C’est sans parler de ceux qui ont déjà entamé la prochaine tournée.

Plateau Mont-Royal, samedi matin, 9h30

Un petit couple marche sur Mont-Royal, en roucoulant tout l’amour qu’ils ont l’un pour l’autre. Ils ne se sont pas encore décidés, à laquelle des bonnes adresses de l’Avenue ils s’arrêteront pour bruncher. Vous savez, cette activité de fin de semaine si populaire qui comprend le partage de son plat sur Instagram? À presque chaque coin de rue, ils sont apostrophés, gentiment ou de façon agressive par des personnes qui quêtent de l’argent.

Une exception qui confirme la règle?

Ce sont ici que deux exemples d’une réalité que les Montréalais connaissent déjà bien. Je ne vous apprends rien en citant ces deux situations dont vous avez sûrement déjà été témoin. Peu importe qui vous étiez dans l’histoire. 

J’aime Montréal pour son pluriculturalisme et son côté hétéroclite. Je ne suis pas trop pour ce qui est conventionnel et je fais place à beaucoup d’ouverture dans mon quotidien. Pourquoi ne pas se donner un peu la chance de connaître l’autre et ce, peu importe le quartier où l’on se trouve.

Gentrifiquoi?

Vous croyez que les bons vieux Hochelag et Saint-Henri sont les seuls quartiers qui tentent de faire disparaître les populations moins bien nanties au profit des plus riches? Bien sûr que non. C’est un phénomène qui gagne en popularité, que je me plais à surnommer l’effet Anti-Robin-des-Bois. Rappelons que, selon le conte, ce gentil voleur de la forêt de Sherwood prenait aux riches pour redonner aux pauvres; un retour de balancier qui manque cruellement dans nos politiques gouvernementales. Si seulement un peu plus de place était laissée pour entendre les gens du peuple. Malheureusement, ils sont traités comme des bêtes nuisibles et les décideurs préfèrent accueillir des projets immobiliers qui ne sont pas accessibles financièrement aux moins fortunés.

Exode des villes

Beaucoup de petites familles capitulent et font l’inverse du mouvement enclenché durant la révolution industrielle. Elles font le choix de s’exiler vers les banlieues ou les régions, des endroits où ils auront la possibilité de s’établir sans trop s’endetter. On dit de Montréal qu’elle est accueillante, sans aucun doute! Pour ces touristes, elle fait des pieds et des mains pour combler tous leurs caprices. Mais qu’en est-il de ceux qui font battre son cœur et qui aime y demeurer. Notre mairesse, Valérie Plante a promis plus de logements sociaux qui, souhaitons-le, arriveront à point pour combler la demande criante. 

Petit guide de survie urbaine à Montréal

La jungle urbaine

Bref, ce dont il faut prendre conscience, c’est de cette dualité. En tant qu’habitant ou travailleur montréalais, ce dont vous êtes le spectateur n’est certes pas toujours rose, mais essayons de nous mettre à la place de l’autre. Celui qui vous demande de la monnaie pour manger, ou peut-être pour consommer. Celle qui doit vendre son corps pour entretenir sa dépendance. Ceux qui vivent dehors, mais dans leur tête, car on a jugé que la désinstitutionnalisation était une bonne idée. Tous ces problèmes de société découlent d’une seule et même source; l’argent. Que l’on vienne de Ville-Marie, Côte-des-Neiges, NDG, Villeray-Saint-Michel-Parc-Extension (pour ne nommer que ceux-là), pourquoi la cohabitation ne peut-elle pas se faire plus harmonieusement?

Dans la jungle, après tout, l’écosystème est assez diversifié. Les compromis, vous connaissez? 2020 est à nos portes, évoluons et adaptons-nous, comme les animaux dans la nature.

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