Histoire

Le Mois de l’Histoire des Noirs à Montréal

Vous l’aurez entendu, février est le Mois de l’Histoire des Noirs. Je ne suis pas issue de la communauté noire, alors un peu comme la majorité d’entre vous, je me demande comment m’initier. Premier réflexe, visiter le site web du Mois de l’Histoire des Noirs. Je vous invite à y aller pour découvrir une foule d’activités que je n’aurai pas le temps de faire en février. Voici donc mes pistes pour découvrir l’histoire des communautés noires de Montréal tout au long de l’année.

Des personnages historiques

Pour commencer, voici quelques figures de proues. On sait qu’il y avait des noirs en Nouvelle-France. La première esclave noire qui s’inscrit dans l’histoire montréalaise est Marie-Joseph Angélique. Pour résumer, lorsqu’en 1734 un incendie ravage une partie de Montréal, on désigne Marie-Joseph Angélique coupable. Quelque temps avant l’incendie, l’esclave avait fait une tentative d’évasion. Au procès, plusieurs témoins rapportèrent que l’esclave avait menacé de mettre le feu à la demeure de sa maîtresse. On imagine que cette pendaison était doublement pratique pour les autorités : un coupable pour l’incendie et un exemple pour les esclaves qui seraient tentés de s’enfuir. Avec un procès aussi tendancieux, difficile de connaître le fin fond de l’histoire.

Saut dans le temps

Dans les années 1940, Montréal est marqué par 2 emblèmes : Oscar Peterson et Jackie Robinson.

Oscar Peterson et son piano!  Un arrêt obligé par la Petite-Bourgogne, lieu de naissance de Oscar en 1925. Le pianiste s’inscrit dans la scène artistique montréalaise des années 1940 qu’il décrit lui-même comme « le Paris de l’Amérique » où les Américains fortunés viennent se divertir. Deux suggestions pour mieux connaître l’artiste et l’homme : le podcast d’Aujourd’hui l’histoire commenté par nul autre que Stanley Péan, vous pouvez l’écouter ici.

Un court métrage de Marie-Josée Saint-Pierre où Oscar Peterson se raconte. On y voit des extraits d’archives mélangées à des animations que vous pouvez visionner ici.

En 1946, le joueur de baseball Jackie Robinson joint les Royaux de Montréal. Il restera avec l’équipe un an seulement avant de joindre la ligue majeure américaine. Malgré la brièveté de son passage, il aura marqué l’imaginaire des Montréalais. Une plaque a d’ailleurs été installée au logement que les Robinson habitaient rue de Gaspé, dans Villeray. Si le sujet vous intéresse, vous trouverez plus d’informations sur la stratégie d’intégration des Noirs dans les équipes de la ligue américaine sur le site internet de l’encyclopédie canadienne.

Des vidéos

J’ai déniché deux vidéos qui présentent l’histoire des Noirs à Montréal. Le premier, Circuit historique pour retracer l’histoire des communautés Noires de Montréal, est un parcours commenté par Bernard Vallée. Il nous initie aux lieux marquants de cette communauté de la Nouvelle-France à aujourd’hui. Pour les curieux, voici le lien. En moins de 10 minutes, on ne se vante pas de faire le tour de la question, mais c’est une introduction qui a la mérite de montrer les lieux. Mon autre proposition est une chronique de Montréalité diffusée sur MAtv en 2014.

Vous pouvez regarder la chronique ici  et consulter la documentation issue des archives de la Ville de Montréal. Si cette dernière est moins incarnée dans les lieux que la première visite, l’information y est par contre plus détaillée.

Une exposition

Ensuite, le Centre d’histoire de Montréal crée des expositions fort intéressantes sur notre ville chérie. Les mises en scène sont dynamiques et tout le monde y trouve son compte. Bref, quand vous manquez une exposition ou que vous débâtez d’un fait historique avec un collègue, plusieurs de leurs expositions passées sont disponibles virtuellement sur leur site internet. C’est le cas de Racontes-moi Haïti et Montréal, une exposition tenue en 2015 qui témoigne des défis d’intégration et d’adaptation des immigrants haïtiens. L’exposition est courte, mais est accompagnée d’un documentaire.

Des livres

Si votre curiosité a été piquée par l’histoire de cette esclave noire de la Nouvelle-France, l’Esclave, un roman de Micheline Bail s’articule autour de Marie-Joseph Angélique. J’imagine qu’on y voit la Nouvelle-France d’un tout autre angle.

Hors de cette sélection, j’ai survolé l’Esclavage et les noirs à Montréal 1760-1840, de Frank Mackay. Une recherche exhaustive sur la communauté noire aux 18e et 19e siècles. S’il s’agit d’un compte rendu historique, l’auteur incarne les faits à travers des personnes à qui on ne peut que s’identifier. C’est très enrichissant.

Finalement, plus d’excuse pour ne pas vous plonger dans l’histoire des Noirs en février, mars, avril, mai… Maintenant nous avons toutes ces pistes pour nous propulser à partir de notre clavier! Si vous voulez quelque chose d’un peu moins local et réaliste, rabattez-vous sur une projection de Black Panther dans un cinéma montréalais.

Vous pourriez aussi aimer...

Pas de commentaire

Laisser un commentaire